
Le Rideau de fer en URSS : impossible de partir à l’étranger
Le terme de « rideau de fer » n’est pas apparu en URSS. D’abord, dans les années 1920, on désignait ainsi l’interdiction faite par les pays occidentaux de commercer avec la Russie soviétique. Plus tard, le 5 mars 1946, Winston Churchill utilisa cette expression dans son discours de Fulton, désignant la barrière politique, informationnelle et frontalière entre l’URSS et les pays de l’Occident. Sortir de l’URSS était possible. Pendant les années de la NEP, presque tout citoyen pouvait obtenir un passeport étranger. Jusqu’en 1959 les règles restèrent relativement souples, puis furent même simplifiées : par exemple, pour les voyages dans les pays socialistes, le visa devint inutile. Les restrictions sérieuses ne furent introduites qu’en 1970, à cause de la guerre froide, mais même alors des millions de personnes partaient à l’étranger. En 1990, environ 9 millions de personnes ont voyagé à l’étranger à des fins touristiques, professionnelles et privées, dont 37 % seulement vers les pays capitalistes.
À l’intérieur de l’URSS, les citoyens disposaient de congés payés et pouvaient voyager gratuitement ou très bon marché dans un pays immense. Un voyage à l’étranger demandait de l’argent, du temps et de la bureaucratie. Aujourd’hui, malgré les frontières ouvertes, beaucoup d’habitants de la CEI n’ont toujours pas de passeport étranger et n’ont jamais été à l’étranger.




