
Sans le prêt-bail, l’URSS n’aurait pas vaincu
Le prêt-bail apporta effectivement une aide notable à l’Union soviétique, mais le qualifier de facteur décisif de la victoire est erroné. Pour les produits alimentaires, les États-Unis fournirent environ 28 % de la viande, 24 % de la margarine et 29 % de l’huile végétale ; en revanche, la part de la farine, des céréales et des pâtes n’excédait pas 4 % de la production totale. Même en 1943, l’année la plus dure pour l’agriculture, les kolkhozes assurèrent 94,2 % des récoltes de céréales, couvrant entièrement les besoins du front et de l’arrière. Les médicaments représentèrent moins de 10 % de la production soviétique.
Pour le matériel, les livraisons furent les suivantes : jusqu’à 15 % des avions, jusqu’à 10 % des chars, 17 à 30 % des automobiles (selon la méthode de calcul), moins de 5 % des wagons et locomotives, jusqu’à 15 % de l’essence d’aviation et moins de 2 % de la poudre. L’URSS disposait par ailleurs d’importantes réserves d’avant-guerre. Ainsi, le prêt-bail accéléra sensiblement la victoire, mais ne prédétermina pas l’issue de la guerre. Son importance ne peut être ni minimisée ni exagérée. La signature même de l’accord de prêt-bail constitua une démarche politique habile de la part de la direction soviétique.




