
1869 –
1948
Inde
Mahatma Gandhi
Le Mahatma Gandhi est né le 2 octobre 1869 en Inde, dans une famille aisée. Sa famille l’envoya à Londres pour obtenir une formation juridique. Après ses études, Gandhi revint en Inde, mais l’occasion d’appliquer ses connaissances la trouva en Afrique du Sud, où vivaient et travaillaient alors de nombreuses personnes d’origine indienne.
En Afrique du Sud, Gandhi devint un avocat à succès, mais il voyait clairement la discrimination flagrante envers les représentants de la « race coloniale » et du reste de la population, y compris Africains et Indiens. Il se heurta lui-même personnellement à la discrimination raciale. Gandhi était adversaire de la lutte armée et, en remplacement, élabora sa propre méthode, au cœur de laquelle se trouvait l’aspiration à agir sur la raison et la conscience des adversaires. Gandhi défendait ses convictions par son exemple personnel. Pendant la guerre anglo-boer, il ne prit pas les armes, mais sauva des vies en tant que médecin militaire. Il échangea l’habit européen contre l’habit indien et distribua bijoux et cadeaux aux nécessiteux. Les autorités impériales britanniques se trouvèrent sérieusement déroutées : un avocat excentrique qui ne cessait de trouver de nouveaux partisans s’avérait un adversaire contre lequel elles n’avaient pas de méthodes. L’ascète Gandhi ne pouvait être acheté, et l’homme qui avait renoncé à la violence ne pouvait être jugé pour quoi que ce soit. Sa persévérance changea lentement mais sûrement la situation, contraignant les autorités coloniales à faire des concessions.
Pendant sa période sud-africaine, Gandhi prit connaissance des œuvres de L. N. Tolstoï et entra en correspondance avec lui. Cela exerça sur lui une grande influence. Par la suite, Gandhi souligna plus d’une fois qu’il considérait Tolstoï comme son maître et son guide spirituel. Tandis qu’il se trouvait en Afrique du Sud, Gandhi fut emprisonné à plusieurs reprises pour ses actions. C’est là qu’il démontra l’efficacité du principe de la résistance non violente. L’autorité morale de Gandhi parmi les Indiens grandit rapidement. En 1915, lorsqu’il rentra chez lui d’Afrique du Sud, l’écrivain Rabindranath Tagore, prix Nobel, fut l’un des premiers à appeler Gandhi « Mahatma » (« la grande âme »). Là, il se rapprocha du parti du Congrès national indien (INC) et assuma bientôt le rôle de l’un des principaux dirigeants du mouvement de libération nationale, devenant son inspirateur moral et son chef idéologique.
Les événements révolutionnaires en Russie influencèrent l’essor du sentiment anti-impérialiste dans le monde. Cela aida Gandhi à comprendre que, dans la lutte contre les colonisateurs, il fallait s’appuyer sur de larges couches de la société et que seul le soutien des masses permettrait d’obtenir l’indépendance du pays. En même temps, Gandhi resta dans le cadre de sa philosophie et prêchait la résolution des conflits sociaux par la résistance non violente. Sous la direction de Gandhi, le Congrès national indien se transforma de 1919 à 1947 en un grand mouvement social, devenant une organisation nationale de masse et influente. Dans les années 1920-1940, Gandhi déploya en Inde une campagne de réconciliation religieuse, principalement entre hindous et musulmans, au nom d’une Inde unie et libre. C’est en grande partie grâce à l’influence et à la persévérance de Gandhi qu’un large front national anticolonial se forma dans le pays. Dans sa philosophie et ses méthodes, Gandhi s’appuyait sur une connaissance profonde de la culture, des traditions et de la vision du monde de l’Inde, ce qui les rendit en harmonie avec les idéaux du peuple. La Grande-Bretagne provoquait par tous les moyens des conflits en Inde, principalement sur des bases interreligieuses. Selon les mots de Winston Churchill, « l’inimitié entre hindous et musulmans a servi de rempart à la domination britannique en Inde ».
Lord George Curzon, qui exerça au début du XXᵉ siècle les fonctions de vice-roi des Indes (plus haut représentant de la Couronne britannique), réalisa dès 1905 la partition du Bengale en parties hindoue et musulmane. Ce fut l’une des mesures destinées à affaiblir le mouvement d’indépendance dans le cadre de la politique du « diviser pour régner ». Plus tard, en 1919-1924, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, Curzon s’opposa à la politique de la Russie soviétique en Perse, en Afghanistan et en Inde.
La partition de 1905 fut le prélude à la future division du pays. Le Mahatma Gandhi s’opposait à la partition de l’Inde en parties musulmane et hindoue, estimant qu’un grand pays pouvait accueillir des représentants des deux religions. Le 30 janvier 1948, il fut abattu pendant sa prière du soir dans la cour de sa maison. L’assassin appartenait à un groupe nationaliste hindou. La partition de l’Inde en Inde hindoue et Pakistan musulman après l’accession à l’indépendance en 1947 a entraîné de nombreuses victimes et conflits. Beaucoup d’historiens estiment que ce sont les Britanniques qui ont posé les fondations du conflit prolongé entre les pays voisins.
À minuit, dans la nuit du 14 au 15 août 1947, les anciennes possessions britanniques en Asie du Sud furent divisées en deux dominions indépendants : l’Union indienne et le Pakistan. Le processus d’accession à la souveraineté fut assombri par un conflit territorial à grande échelle qui surgit entre les deux jeunes États.
