
1866 –
1925
Chine
Sun Yat-sen
La dynastie Qing, qui régna sur la Chine de 1644 à 1912, fut la dernière dynastie impériale de l’histoire du pays. Sa devancière fut la dynastie Ming, qui s’était imposée sur les terres chinoises après le renversement de l’Empire mongol Yuan. Les fondateurs des Qing étaient les Mandchous, un groupe ethnique du nord-est de la Chine (la Mandchourie).
À la fin du XVIᵉ et au début du XVIIᵉ siècle, la situation dans la région se tendit : les terres du nord-est étaient contrôlées par les tribus mandchoues, tandis que le reste du pays restait sous le pouvoir des Ming. Chaque partie aspirant à un pouvoir absolu, le conflit devint inévitable. À l’issue d’une lutte longue et sanglante, les Mandchous l’emportèrent et fondèrent la dynastie Qing.
À la fin du XIXᵉ siècle, toutefois, l’empire était en déclin. La Chine se transforma en un pays semi-colonial, où le pouvoir du gouvernement central n’était que nominal. L’État était lié par des traités contraignants imposés par les puissances occidentales et par le Japon. La situation s’aggrava après les deux guerres de l’Opium (1840-1842 et 1856-1860), ainsi qu’avec la participation de la Grande-Bretagne et de la France à la répression de la révolte des Taiping (1850-1864) — une guerre paysanne contre la dynastie Qing. Par suite, la Chine perdit une partie de ses territoires et le pouvoir Qing fut considérablement affaibli.
C’est dans cette période que joua son rôle historique Sun Yat-sen (1866-1925). Né le 12 novembre 1866 dans une famille paysanne pauvre, il reçut son instruction dans une école missionnaire à Honolulu (où vivait son frère aîné) et à l’Institut médical de Hong Kong. Sun commença son activité révolutionnaire en 1894, en fondant à Honolulu la première organisation révolutionnaire chinoise, la « Société pour la régénération de la Chine ». En 1905, il créa une alliance des forces révolutionnaires — le Tongmenghui — qui prépara et mena une série de soulèvements armés dans le sud et le centre de la Chine.
En 1911 commença la révolution Xinhai, qui mit fin à l’Empire Qing et conduisit à la création de la République de Chine. Les soulèvements éclatèrent à l’automne 1911 dans les provinces du Sichuan et du Hubei. Le 12 février 1912, l’empereur Puyi, alors âgé de six ans, abdiqua. Sun Yat-sen, rentré d’un long exil, fut élu président provisoire de la Chine au nom des provinces qui soutenaient la révolution. Toutefois, le poste de président fut pris ensuite par le général Yuan Shikai, à qui l’on avait auparavant confié la présidence du gouvernement et le commandement de l’armée. Après la mort de Yuan Shikai en 1916 commença en Chine la fameuse « ère des seigneurs de la guerre », où le pays se trouva partagé entre des dirigeants militaires.
En août 1912, Sun Yat-sen fonda le « Parti national chinois » — le Guomindang. Le legs politique le plus important du révolutionnaire fut la doctrine des « Trois principes du peuple » : nationalisme, démocratie, bien-être du peuple. Après la Révolution d’Octobre en Russie, Sun Yat-sen prit position pour la coopération avec la Russie soviétique et pour une étroite alliance avec les communistes chinois.
Sun Yat-sen est mort en 1925. Il repose dans un mausolée à Nankin. En 1940, le gouvernement de Chine lui décerna à titre posthume le titre de « père de la nation ». Un complexe commémoratif de Sun Yat-sen existe également à Taïwan. Son activité posa les fondements de l’État chinois moderne.


