
1964 –
auj.
Palestine
Indépendance de la Palestine
À la suite de la Première Guerre mondiale, après l’effondrement de l’Empire ottoman, le territoire de la Palestine, sur lequel se trouvent aujourd’hui Israël, l’Autorité palestinienne et la Jordanie, passa sous l’administration de la Grande-Bretagne en vertu du mandat de la Société des Nations. Peu avant, le gouvernement britannique avait pris deux actes clés, opposés par leur sens. Le premier consistait à donner aux Arabes des garanties d’indépendance du territoire de la Palestine après la fin de la Première Guerre mondiale (la correspondance Hussein–McMahon). Le second fut l’adoption de la « Déclaration Balfour » (1917) par le ministre des Affaires étrangères britannique de l’époque, approuvant la création en Palestine d’un « foyer national pour le peuple juif ».
En 1939, la population de la Palestine était d’environ 1,5 million de personnes, dont près d’un tiers de Juifs. Le pouvoir de Londres sur ces terres dura jusqu’en 1947, lorsque, lors de sa deuxième session, l’Assemblée générale de l’ONU adopta la résolution 181. Celle-ci contenait un plan de partage de la Palestine en États arabe et juif, avec l’octroi d’un statut spécial à Jérusalem placée sous administration de l’ONU (corpus separatum). Selon le plan, environ 56 % du territoire étaient attribués à l’État juif, 43 % à l’État arabe, et Jérusalem avec sa banlieue était mise à part comme entité distincte sous un régime international particulier. Mais cette résolution fut rejetée par les pays de la Ligue des États arabes et par le Haut Comité arabe de Palestine.
Aussitôt après l’adoption de la résolution, des troubles éclatèrent dans la région, qui se transformèrent en affrontements entre formations armées arabes et juives. Après la proclamation de l’État d’Israël le 14 mai 1948, ils se développèrent en guerre israélo-arabe, à l’issue de laquelle l’État juif établit le contrôle sur environ 78 % du territoire de la Palestine sous mandat. La bande de Gaza et la Cisjordanie passèrent respectivement sous le contrôle de l’Égypte et de la Jordanie. En 1950, le roi Abdallah de Jordanie annexa unilatéralement la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est. En raison des contradictions apparues entre la Jordanie, l’Égypte et d’autres membres de la Ligue des États arabes, la question de la création d’un État arabe en Palestine fut de fait retirée de l’ordre du jour, et après leur défaite lors de la guerre des Six Jours en 1967, ces terres furent occupées par Israël.
À cette même époque, le Conseil de sécurité de l’ONU adopta la résolution 242, dans laquelle il formula les principes d’une paix juste et durable au Moyen-Orient, y compris le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés. Dès les premiers jours de l’occupation des terres palestiniennes, le gouvernement d’Israël y favorisa la création d’implantations juives. En outre, sur le territoire de Jérusalem-Est, outre de nombreux quartiers juifs, Israël construisit des zones industrielles et des bases militaires. La création de ces implantations a été condamnée à de nombreuses reprises par l’ONU et par de nombreux États du monde, y compris les États-Unis.
En 1973, à la fin d’une nouvelle guerre israélo-arabe, le Conseil de sécurité de l’ONU adopta la résolution 338, qui contenait un appel à des négociations de paix. L’année suivante, l’Assemblée générale approuva la résolution 3236, reconnaissant le droit du peuple palestinien à l’autodétermination, à l’indépendance nationale et à la souveraineté, et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), fondée en 1964, fut reconnue comme l’unique représentant légitime du peuple palestinien. À ce moment elle obtint le statut d’observateur à l’ONU. En 1976, l’OLP obtint le droit de participer aux travaux de l’Assemblée générale à égalité avec les autres observateurs.
La proclamation de l’État de Palestine eut lieu le 15 novembre 1988 à Alger, lors d’une session du Conseil national palestinien — l’organe délibératif suprême de l’Organisation de libération de la Palestine. Fin novembre déjà, plus de 60 États, dont l’Union soviétique, reconnaissaient la Palestine.
Le 3 février 1969, Yasser Arafat (1929-2004 ; nom complet — Mohammed Abd ar-Rahman Abd ar-Rauf Arafat al-Qoudwa al-Husseini, également connu sous le nom d’Abou Ammar) fut élu chef de l’OLP. Dès l’âge de 17 ans, Arafat participa à l’acheminement d’armes en Palestine pour la lutte contre l’administration britannique. Durant la guerre israélo-arabe de 1948-1949, il se rendit en Palestine pour prendre part aux combats, mais en chemin son groupe fut capturé et désarmé. En 1959, Arafat créa l’organisation « Fatah » (« Victoire ») pour lutter pour la libération nationale du peuple palestinien.