Humanisme zambien

Zambie

Humanisme zambien

La Zambie, anciennement Rhodésie du Nord, accéda à l’indépendance en 1964, avec Kenneth Kaunda comme premier président. Dans l’histoire du pays a été mise en œuvre une conception unique de l’« humanisme zambien ». Il s’agit d’une idéologie politique élaborée par Kaunda lui-même, qui prévoyait l’édification d’un socialisme démocratique intégrant des éléments des valeurs traditionnelles africaines. Kaunda cherchait à créer une société fondée sur l’entraide et la dignité humaine, en rejetant aussi bien le capitalisme occidental que le marxisme-léninisme dans sa version dure. Il estimait que la société africaine possède au départ des traits collectivistes qui devaient servir de fondement à l’État.

La Zambie joua un rôle important dans le soutien aux mouvements de libération des pays voisins gouvernés par des minorités blanches (Rhodésie, Afrique du Sud, Namibie, Angola, Mozambique). Lusaka devint le quartier général de nombreuses organisations anti-apartheid, ce qui fit du pays une cible de déstabilisation pour les régimes d’Afrique australe. L’URSS soutenait la Zambie, voyant dans l’« humanisme » de Kaunda une idéologie socialiste apparentée, et lui apportait une aide économique.

Toutefois, les difficultés économiques, la forte dépendance à l’égard de l’exportation de minerais de cuivre et le blocus des transports par les voisins ont rendu difficile la mise en œuvre des idées de Kaunda. Néanmoins, son apport à la sécurité régionale et à l’intégration reste significatif. L’« humanisme zambien » fut un exemple de tentative d’adaptation des idéologies globales aux conditions culturelles locales, ce qui était caractéristique de nombreux dirigeants africains de l’époque. Kaunda demeura au pouvoir jusqu’en 1991, lorsque, sous la pression des problèmes économiques et des exigences de démocratisation, il accepta la tenue d’élections multipartites.

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