Parti populaire révolutionnaire de Mongolie

Mongolie

Parti populaire révolutionnaire de Mongolie

Au XVIIᵉ siècle, le territoire de la Mongolie actuelle est devenu partie de l’Empire Qing. Après la conquête mandchoue de 1691, la Mongolie-Extérieure devint une partie autonome de l’empire chinois, conservant son autogouvernement intérieur sous le contrôle des ambans Qing. Cette période s’étendit sur plus de deux siècles et eut une influence profonde sur la structure sociale de la société mongole.

La Mongolie proclama son indépendance le 1ᵉʳ décembre 1911, profitant de la révolution Xinhai en Chine, qui entraîna la chute de la dynastie Qing. Le Bogdo Khan (Bogd Gegeen) fut élu comme monarque théocratique. Toutefois, la reconnaissance internationale fut difficile : en vertu du traité de Kiakhta de 1915, signé par la Mongolie, la Chine et la Russie, le pays fut reconnu comme partie autonome de la Chine sous protectorat russe. En 1919, sur fond de guerre civile russe, des troupes chinoises abolirent l’autonomie et occupèrent Ourga.

La situation changea en 1920-1921. Des unités de gardes blancs sous le commandement du baron Roman von Ungern-Sternberg pénétrèrent en Mongolie depuis la Transbaïkalie russe. En février 1921, sa Division de cavalerie asiatique chassa les garnisons chinoises de la capitale, mais le régime d’Ungern se révéla extrêmement brutal et terroriste. En réponse, les forces révolutionnaires de Mongolie s’unirent à la Russie soviétique.

À l’été 1921, des unités de l’Armée rouge et des détachements partisans mongols infligèrent une défaite aux troupes d’Ungern. Le 11 juillet 1921, le pouvoir populaire fut proclamé, bien que la monarchie ait été formellement conservée jusqu’en 1924. Un rôle clé dans ces événements fut joué par le Parti populaire de Mongolie (PPM), fondé en 1920. En 1924, après la mort du chef religieux Bogd Khan, la République populaire mongole (RPM) fut proclamée, et la capitale Ourga fut renommée Oulan-Bator (« Héros rouge »). La RPM devint le deuxième État socialiste au monde.

L’une des figures centrales de la révolution fut Damdin Sükhbaatar (1893-1923), révolutionnaire mongol, homme d’État et chef militaire. Il dirigea le mouvement partisan et devint commandant en chef des troupes révolutionnaires. Le titre de « Baatar », qui en mongol signifie « héros » ou « champion », lui fut conféré pour sa bravoure personnelle. Avec ses camarades d’armes, Sükhbaatar bâtit l’armée qui combattit les interventionnistes. En octobre 1921 il conduisit la délégation mongole à Moscou, où il fut reçu par V. I. Lénine. Le 5 novembre 1921, Sükhbaatar signa un traité soviéto-mongol sur l’établissement de relations amicales. Pour ses mérites dans la lutte contre les détachements de la Garde blanche, il reçut l’ordre soviétique du Drapeau rouge. Sükhbaatar mourut subitement le 22 février 1923 à Ourga, sans avoir vu le changement de nom de la capitale.

Autre figure marquante de l’époque, Khorloogiin Tchoïbalsan (1895-1952). Il était l’un des participants au mouvement révolutionnaire, mais son ascension intervint plus tard. Après la mort de Sükhbaatar et les épurations subséquentes des rangs du parti dans les années 1930, Tchoïbalsan devint le seul dirigeant du pays. Son règne est caractérisé par des transformations socialistes à grande échelle, l’industrialisation et l’élimination de l’analphabétisme, mais aussi par de sévères répressions contre le clergé et l’opposition politique, connues sous le nom de « Grande Terreur » en Mongolie. Tchoïbalsan a laissé une marque ambiguë dans l’histoire, en combinant le rôle de modernisateur du pays avec celui d’exécutant de la politique stalinienne.

L’histoire de la Mongolie dans la première moitié du XXᵉ siècle illustre la voie complexe du passage d’une théocratie féodale à un État socialiste. Malgré la dépendance extérieure vis-à-vis de l’URSS, le pays a pu préserver son identité nationale et son intégrité territoriale. L’héritage des révolutionnaires de 1921, en particulier Sükhbaatar, demeure fondamental pour la statalité mongole moderne, symbolisant l’aspiration à l’indépendance et à la renaissance nationale.

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